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90 ans du Club Hermitage du Magog

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medium_hermitage.1jpg.jpgLa direction du domaine de 200 acres a accordé la permission au représentant du Reflet du Lac d'y effectuer une petite visite en compagnie de l'historien Jacques Boisvert. La condition : ne dévoiler aucun nom des membres, ni de prendre des photos des 44 charmantes et luxueuses résidences érigées en bordure du lac.

Le Club Hermitage est un havre de paix. Une fois franchi la barrière de l'unique entrée et sortie, qui indique en grosse lettre son caractère privé, on aperçoit des majestueuses propriétés construites sur des terrains boisés et espacés. L'architecture rappelle la Nouvelle-Angleterre, à l'exception de quelques châteaux modernes qui cadre moins avec l'environnement.

La direction demeure muette sur l'identité de ses membres. Le journaliste à la retraite Gilles Dallaire qualifiait le domaine comme "un refuge doré du gratin de la noblesse d'argent québécoise." Quelques présidents, actionnaires et directeurs d'importantes compagnies québécoises y possèdent une ou des résidences. Plusieurs collègues de la finance, ayant un pied à terre autour du lac Memphrémagog, y sont également membres et ont accès aux services du club, comme le nautisme, le golf de neuf trous et les quatre terrains de tennis. Quelques membres et résidants y sont aussi depuis quelques générations puisque les propriétés sont transmises de parents à enfants.

Ne devient pas membres qui veut dans ce club huppé. Plus de 200 familles figurent sur l'impressionnante liste de membres. Les salaires et les revenus moyens y sont probablement disproportionnés. Des ébauches de transactions ont sûrement été élaborées sur les verts ou dans le bâtiment principal du club.

La direction demeure discrète sur les critères d'admissibilité au sein du club sélect. Elle s'en tient au nombre de 200 familles (du Québec et même d'outre-mer) et ne souhaite pas nécessairement atteindre le millier de membres. On sait toutefois que les cotisations des membres permettent de financer les activités du club et d'assumer les coûts d'entretien.

D'hier à aujourd'hui, selon un texte du journaliste Gilles Dallaire, "seuls les gens à l'aise pouvaient devenir membre de ce club huppé et encore fallait-il faire partie du réseau d'amis, de connaissances ou de relations d'affaires des autres membres et être accepté par la majorité d'entre eux, de surcroît."

medium_hermitage.2.jpgSelon l'historien Jacques Boisvert, c'est Arthur Fisk qui, en 1911, est le concepteur d'un projet de golf avec un "club house" central entourés de chalets. Il s'associe à un groupe d'hommes d'affaires, "The Ross Realty Co." pour acquérir la ferme "The Hermitage", nommée ainsi par un ancien propriétaire, le Major Thompson, capitaine au port de Québec.

Les deux entités forment ensuite une société du nom de "The Hermitage Land Co.," qui reçoit ses lettres patentes le 14 mai 1912. La résidence de la ferme est agrandie pour aménager le premier "club house," qui a été détruit par un incendie le 16 janvier 1928. Le terrain de golf est considéré comme l'un des plus ancien au pays. Le domaine était d'abord un lieu de villégiature, mais plusieurs résidences sont aujourd'hui habitables durant les quatre saisons. Quelques-unes demeurent toutefois placardées, étant seulement une résidence d'été pour les biens nantis.

Jadis, les membres venaient de Montréal en train et traversaient le lac Memphrémagog en bateau pour atteindre le Club Hermitage. Aujourd'hui, à l'ère d'Internet et de la mondialisation, le Club est presque devenu une succursale de la Bourse de Montréal!