Saviez-vous que la municipalité d’East Hereford a déjà fait partie de la République de l’Indian Stream entre les années 1832 et 1840? L’Indian Stream, c’est quoi au juste?
Une bonne partie des explications se retrouvent sur un panneau commémoratif à la halte routière d’East Hereford. Un panneau didactique qui rappelle une page oubliée du passé. Une histoire de démocratie unique au monde.
Le maire Richard Belleville et son conseiller municipal, Ronald Owen, ont d’ailleurs profité d’une rencontre de presse, jeudi (9 juillet) dernier, pour résumer cette époque très lointaine.
C’est en 1832 qu’une constitution en 13 articles fut adoptée très majoritairement et donna ainsi naissance à la République de l’Indian Stream.
La naissance de l’Indian Stream vient du fait que le Traité de paris (1782), lequel consistait à délimiter les frontières entre le Canada et les Etats-Unis, ne pouvait clarifier avec exactitude si ce secteur (160 000 acres) était situé dans le Canada ou aux États-Unis. Irrités de ne pas savoir s’ils étaient des Canadiens ou des Américains, les résidants limitrophes décidèrent alors de se constituer en un état libre, souverain et indépendant.
De 1832 à 1840, la prospère république fut dirigée par un conseil de cinq membres élus annuellement. L’armée, la police, le système de justice étaient gérés par l’état. Pendant ce temps, la Grande-Bretagne et les États-Unis continuaient de revendiquer ce vaste territoire. Une période tumultueuse au cours de laquelle les séances d’arpentage se succèdent, les milices exercent des pressions et les contrebandiers s’en donnent à cœur joie.
Finalement, en 1840, les résidants décident de s’annexer aux Etats-Unis, donnant ainsi naissance à Pittsburgh (New Hamsphire). En 1842, le Traité Ashburton-Webster viendra sceller la frontière telle qu’on la connaît aujourd’hui.
«En ce 9 juillet, 177 ans plus tard, le panneau que nous inaugurons vient nous rappeler que ce pan de notre histoire se doit d’être diffusé et raconté aux générations futures. Nos amis américains l’ont souligné depuis longtemps de leur côté de la frontière», mentionne le maire Richard Belleville à cet effet.
Il va sans dire que la concrétisation de ce panneau commémoratif a nécessité un bon travail de débroussaillage sur le plan des recherches, de la traduction et de l’écriture.
Shirley Lavertu, historienne et agente de développement culturel à la MRC de Coaticook, a contribué à ce travail de recherche. Ronald Owen, conseiller municipal à East Hereford, s’est chargé de traduire les documents.
Charlie Bond de Lancaster a pour sa part fait don de divers documents. Sur le plan financier, la Fondation Neil et Louise Tillotson de la NH Charitable Foundation, de même que le Pacte Rural y ont contribué.
Des précisions
La République de l’Indian Stream, en 1835, regroupait 69 familles (414 habitants). Chaque famille possédait 100 acres de terre et il y avait plus de 1500 acres en culture.




