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Une nouvelle vie : le peuplement des Cantons de l’Est

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En 1783, la fin de la Révolution américaine in 1783 apportera de nombreux changements au Québec. Le Traité de Paris négocié entre les États-Unis et la Grande-Bretagne établit la frontière de la République nouvellement formée avec le Québec; au sud, ce sera le 45ème parallèle, en direction est, l’ensemble des terres. En plus de cette entente frontalière précise, près de 10 000 personnes choisiront d’immigrer au Canada, marquant ainsi leur loyauté envers la Couronne Britannique. La plupart d’entre eux s’installeront à l’ouest des seigneuries de Montréal, en amont de la rivière, mais une minorité s’installera dans la baie Missisquoi ce, malgré les directives gouvernementales qui ordonnaient qu’une zone territoriale entre les fermes seigneuriales et les États-Unis soit exempte de tout développement.

Les Loyalistes qui s’installèrent au Québec, au début des années 1782, choisirent la pointe du lac Champlain à proximité de la baie Missiskoui (maintenant Philipsburg). Ces premiers défricheurs appartenaient soit aux King’s Loyal Americans, appelés également la troupe des Jessup, ou au King’s Royal Regiment of New York de sir John Johnson. Familiers avec les côtes de la baie suite à leurs incursions durant la guerre de l’Indépendance américaine, ces hommes étaient déterminer à rester dans la région, même si celle-ci servaient de zone tampon entre les colonies américaines et les seigneuries.

Dès que le gouvernement eu vent de la présence des Loyalistes, il leur ordonna de déménager. Devant leur refus, leurs noms furent rayés des listes d’aide et de provisions. Des protestations fermes furent envoyées au gouvernement par les Loyalistes, sous forme de pétitions et lettres affluant de la baie Missisquoi.

larger_UE.6.jpgLes autorités britanniques espéraient éviter un conflit de cultures, aussi, en 1791, ils adoptèrent l’Acte constitutionnel qui non seulement divisait le Québec en deux provinces distinctes – le Haut-Canada, soit les territoires à l’ouest de Montréal, en amont du fleuve et le Bas-Canada, en aval – mais qui, également, instituait un système juridique s’adressant à deux sociétés dans un seul état.

Le 7 février 1792, Alured Clarke, lieutenant-gouverneur du Bas-Canada publie une proclamation royale selon laquelle les terres de la Couronne seraient divisées en cantons et que les lots se verraient concédés aux cultivateurs selon la coutume britannique soit : la tenure en propriété libre, une législation britannique, un clergé protestant et des députés parlementaires.

Les réunions pour l’attribution des terres de la Couronne et pour prêter le serment d’allégeance se déroulèrent dans la baie de Missisquoi de 1792 à 1797. Dans chacun des cantons, les pétitionnaires formaient un groupe d’associés sous la gouverne d’un chef. En 1796, Thomas Dunn obtiendra le premier Canton, celui de Dunham; les lots des pétitionnaires contenaient 200 acres. L’Acte constitutionnel de 1791 marque les débuts les Cantons de l’Est.

Les Loyalistes américains arrivèrent dans le Comté de Missisquoi avec leurs traditions, leurs coutumes, leur langue, leurs croyances religieuses, leur savoir-faire et leurs aspirations. Mais, aussi, ils emportèrent avec eux de nombreux objets estimés essentiels à la survie. Souvent limités par la taille du chariot les transportant ou par le poids qu’ils pouvaient porter sur leur dos, ces premiers défricheurs nous surprennent par ce qu’ils considéraient essentiel à leur nouvelle existence, à leur nouvelle vie.