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La petite histoire des Way, Partie 14

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larger_l.s._ways_woolen_mills.jpgLe 26 décembre 1871, Daniel Way, accompagné de son épouse Keziah, passe devant notaire et vend à son fils Lorenzo la quasi-totalité de sa terre aux abords de la Niger, y inclus la demeure familiale, pour mille deux cent dollars. Le même jour, il vend à son autre fils Asa le résidu de sa terre pour huit cents dollars. Lorenzo et Asa acquièrent chacun une moitié indivise du moulin et de l’équipement servant au cardage de la laine et au drapage des tissus. Ils s’engagent par ailleurs à pourvoir aux besoins, leur vie durant, de Daniel et Keziah, et à défrayer les éventuels frais funéraires. Cette condition de vente impliquant la prise en charge des parents était de pratique courante à l’époque. Les témoins de la transaction sont Eva, fille cadette de Lorenzo, Hervey (né en1850) le fils de Asa, et Henry J. Johnson, le mari d’Amy, fille aînée de Lorenzo.

Lorenzo et Asa sont maintenant propriétaires de l’entreprise mais Daniel continue à s’impliquer. Le 13 juin 1872, les trois hommes contractent auprès du négociant Hiram Davis un prêt de deux milles dollars remboursable sur deux ans au taux d’intérêt de 10%. Ils hypothèquent en faveur de Hiram la terre et les bâtiments, dont le moulin. Ils mettent également en garantie trois nouvelles machines à carder, un cric de filage et un métier à tisser, équipements qu’ils s’engagent à installer au moulin dans les trente jours. Sont témoins à l’acte d’hypothèque, Ebenezer Southmayd et son fils, tel qu’ils en font foi devant Valorous Truell, alors juge de paix pour le district.

Le moulin est grevé d’une hypothèque importante mais les Way ont investi dans de l’équipement neuf et les affaires sont florissantes. Le 1er juin 1875, Lorenzo et Asa annoncent dans le Stanstead Journal (ma traduction) : «Manufacture de laine de Way’s Mills. Disposons d’une gamme variée de produits de laine avec lesquels vous pouvez troquer vos toisons. Dès réception de la commande, effectuons cardage, filage et drapage sur mesure. Laine manufacturée à la verge ou en sections. La laine reçue par diligence reçoit notre attention immédiate.» Le 9 septembre 1875, le Stanstead Journal écrit : «Way’s Mills. Ces messieurs Way ne ménagent pas leurs ardeurs pour que les fermiers les gratifient de leur clientèle, et les ballots de laine livrés à chaque jour indiquent que l’hiver à venir ne prendra pas au dépourvu les résidents des Cantons.»

L’annuaire Lovell 1871 énumère les fermiers de Way’s Mills : Israel Blake, Solomon Bowker, Jacob Clifford, John Coffy, Charles Davis, Antoine Dean, Sylvanus Griffin, Marshall Jones, Charles Libbey, John McDonald, David Redway, High Odbert, Alexander Sanborn (mari de notre poétesse locale Sarah Southmayd), James Standish, Valorous Truell, Lewis Vaughan, Alby et Reiley Wyman. Ces fermiers font probablement partie de la clientèle fidèle des Way.

Un autre fermier digne de mention est Hezekiah Otis, qui, à l’occasion de sa retraite de la vie active et la vente de sa ferme, sera honoré en janvier 1875 par le Stanstead Journal : «Way’s Mills. Mr Otis, âgé de 80 ans, est l’un des premiers pionniers de l’endroit. Il a combattu pour les États-Unis durant la guerre de 1812 et reçoit une pension de ce Gouvernement. S’étant libéré des contraintes de la vie, il peut désormais envisager l’au-delà avec sérénité. Le nombre de gens âgés dans cette communauté a souvent suscité le commentaire de la part d’étrangers qu’il doit s’agir là d’une localité à la santé remarquable, car elle compte pas moins de treize résidents âgés entre 75 et 83 ans.» Le chroniqueur de 1875 serait émerveillé par les données démographiques de Barnston Ouest pour 2010... Et quelque peu poète, il pourrait attribuer notre longévité locale aux eaux claires de la rivière Niger, l’Eau de Jouvence de notre coin de pays!

À suivre…