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La petite histoire des Way, Partie 13

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union_soldier.jpgAyant salué les familles Hollister et Truell, revenons à Way’s Mills vers 1860. Une route de poste de Barnston à Way’s Mills est établie le 1 er juillet 1863. Ebenezer Southmayd père, voisin des Way, est le premier maître de poste du village. Il laisse son commerce à son fils Ebenezer qui sera épicier, quincaillier, marchand de bottes et de chaussures, et bien d’autres choses encore !

Au sud de la frontière, la guerre civile fait rage. Notre hameau a vécu sa part de drame à l’occasion du conflit. Way’s Mills fait la manchette le 19 août 1864 dans un article du «The True Witness and Catholic Chronicle», intitulé «Un rapt scandaleux» (traduction): «Nous apprenons, de la Gazette de Sherbrooke, les détails d’un enlèvement scandaleux perpétré récemment et dont les acteurs vivent dans le canton de Barnston. Il y a deux ans, un français du nom de Leezer déserta l’armée américaine et retourna vivre chez lui près de Way’s Mills dans Barnston. La semaine dernière, 4 ou 5 individus, dont un dénommé Fox et un autre, Cooper, attaquèrent Leezer alors qu’il était partiellement intoxiqué. Ils entreprirent de le bâillonner, le ligoter et le jeter dans une charrette pour l’amener de l’autre côté des lignes et l’y livrer comme nouvelle recrue ou le dénoncer comme déserteur, et ainsi obtenir une prime. Après avoir tenté de résister à ses agresseurs, Leezer, blessé au bras ou à l’épaule et épuisé, promit qu’il se tiendrait coi si on ne le bâillonnait pas. Un comparse prit les rênes de l’attelage tandis que deux autres tenaient leur victime par les bras et les deux derniers suivaient dans une autre charrette. Quelques miles plus loin, alors qu’ils passaient devant des maisons, Leezer donna un coup de pieds au conducteur qui, projeté hors de la charrette, se retrouva sous les sabots des chevaux. Leezer se mit à hurler au meurtre, attirant l’attention d’hommes se trouvant non loin de là. Ils vinrent aussitôt à la rescousse. Les kidnappeurs tentèrent de fuir, mais nous sommes heureux d’apprendre que deux d’entre eux furent arraisonnés et menés devant un magistrat de Stanstead. L’un d’eux, Cooper, se vit imposer une caution de 1 000$. L’autre fut emprisonné à Sherbrooke.» Ouf !

Lorenzo est le seul fils de Daniel Way demeurant encore à Way’s Mills, ses frères Welles et Asa ayant émigré au Minnesota. Bien qu’Asa soit encore associé nominal dans l’entreprise, l’avenir des moulins à carder et à laine de la famille repose sur les épaules de Lorenzo et des ses enfants. Lorenzo et Julia Ann ont quatre filles, pas de fils : Amy Adelia, née en 1840, Alice en 1846, Ida en 1853 et Eva en 1855. En 1859, Amy épouse Lafayette Brown, un jeune fermier de 20 ans. Lorenzo devient rapidement grand-papa lorsque naissent Lilla en 1860 et Julia en 1865. Malheureusement, Lafayette décède en 1866. L’on peut voir sa pierre tombale au cimetière de Way’s Mills sur le chemin Jordan. Et dès 1867 Amy se remarie avec Henry J. Johnson. Le nouveau gendre de Lorenzo s’impliquera rapidement dans l’entreprise familiale…pas nécessairement pour le mieux. Mais pour l’heure, les moulins sur la Niger fonctionnent à plein.

Le nom de notre village figure enfin dans l’Annuaire Lovell de 1871 (traduction) : «Way’s Mills – Un hameau dans le canton de Barnston, comté de Stanstead, district de St-François. Distance de Libbey Town, 1 mile ½; d’Ayer’s Flat, une station de la Massawippi Railway, 5 miles; de Stanstead Plain, 8 miles, prix du billet 50 cents; de Derby Line, dans l’état du Vermont, une station de la Connecticut and Passumpsic Rivers Railway, 9 miles, 50 c.; de Lennoxville, une station de la Grand Trunk and Massawippi Valley Railways, 23 miles, billet $1.25. Poste bi-hebdomadaire. Population, incluant Libbey Town, environ 225.» L’on voit bien que la proximité du village avec les diverses stations ferroviaires est fort importante.

À suivre…