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La petite histoire des Way, Partie 10

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larger_way.10a.jpgDaniel Way exploite son moulin à laine aux abords du pont enjambant la Niger à l’entrée du hameau. À l’autre extrémité, (près du pont au pied du Chemin Madore), habite Harry Hollister. Il y opère un moulin à moudre et un moulin à scie depuis plusieurs années.

Le 23 mai 1851, Daniel Way annonce dans le Stanstead Journal : «AVIS : CARDAGE DE LAINE. Le souscripteur désire informer les habitants de Barnston et environs qu’il a reconstruit sa MACHINE À CARDER, la meilleure des Cantons. Il désire informer ses anciens clients et les fabricants locaux qu’elle sera en opération sous peu. Il exprime sa gratitude envers ceux qui ont généreusement soutenu son commerce et espère que tous auront tôt fait de noter les termes avantageux qu’il offre afin de mériter non seulement la fidélité mais également l’augmentation de sa clientèle. Le grain est accepté en paiement si livré en janvier. Un escompte appréciable sera consenti à ceux qui paient argent comptant, et le travail sera fait dès que commandé.»

Daniel doit connaître le Proverbe de la Bible : «Mieux vaut avoir une bonne réputation que de grandes richesses : l’estime des autres est préférable à l’or et à l’argent» (22:1). Mais Harry ?

larger_way.10b.jpgÀ la faveur d’une frontière changeante et mal définie «à 45» (autour du 45 ième parallèle) jusqu’à la signature du Traité de Washington en 1842, les citoyens du canton de Barnston et leurs voisins américains ont longtemps bénéficié d’une grande liberté de circulation des biens et des personnes. Malgré tout, la contrebande et autres activités illicites sont en hausse et le canton a la réputation d’être un véritable nid de contrefaiseurs. Le 20 avril 1848, le Stanstead Journal rapporte: «Des individus soupçonnés d’être impliqués dans la fabrication et le commerce de fausse monnaie ont été arrêtés dans Barnston le 12 courant ... Des fouilles ont été menées avec succès cette semaine pour saisir la monnaie contrefaite et les outils utilisés par la «Confrérie»…De fausses notes de banques américaines, totalisant 15 000$ à 20 000$ ont été trouvées, principalement sur les propriétés de Davis et Hollister. Un montant considérable de monnaie – or et argent – a également été découvert …avec les outils pour graver la monnaie, dont plusieurs matrices, de même qu’une machine pour étamper la monnaie, appelée «the Big Bogus» …il semble que la «Barsnton Bank» ait fait de bien bonnes affaires au cours de l’hiver. Les citoyens de Barnston honnêtes et respectueux de la loi …se réjouiront du démantèlement du repère de ces renégats qui ont longtemps donné au Canton une mauvaise réputation.»

Harry Hollister est au nombre des prévenus incarcérés à Sherbrooke. Mais le 30 août 1848, le Stanstead Journal rapporte : «Le procès de Harry Hollister, inculpé de possession de matrices, plaques, presses, etc. destinées à la contrefaçon de monnaie américaine a eu lieu aujourd’hui. Il a été démontré à la satisfaction de la Cour que les instruments trouvés en la possession de l’accusé ne servent pas exclusivement à la contrefaçon, mais qu’elles peuvent également être utilisées par des machinistes. Or, l’accusé étant lui-même un machiniste, le jury a été instruit de prononcer un verdict d’innocence. Ce qui fut fait.» Après quatre mois de prison, Hollister est un homme libre.

Harry est donc un honnête homme après tout! Son nom et son moulin à moudre auront assez bonne réputation pour être inscrits à l’Annuaire du Canada de 1851 sous la rubrique de Barnston. Et Hollister et Way travailleront ensemble pour leur village naissant, tel qu’en fait foi une pétition qu’ils présenteront ensemble en 1851 au conseil municipal de Stanstead (à quel sujet, le Stanstead Journal ne le précise pas).

À suivre…