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Canadiens français (vers 1850- )

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medium_beebe.jpgLa crise dans les seigneuries :
Le boom dans les Cantons-de-l'Est coïncidait avec une crise économique et sociale majeure dans les seigneuries. Vers 1820, il ne restait pas suffisamment de terres seigneuriales pour établir la population des Canadiens français qui augmentait rapidement. Les jeunes hommes et femmes commençaient à quitter le Québec par dizaines de milliers, principalement pour les villes manufacturières de la Nouvelle-Angleterre. Les leaders politiques et religieux s'alarmaient. Plusieurs d'entre eux pensaient qu'il s'agissait d'une tragédie nationale parce que la jeune génération quitte, alors que des grands secteurs du Québec, y compris les Cantons-de-l'Est, se trouvaient peu peuplés. Ils formèrent des sociétés de colonisation afin d'aider les défricheurs et d'exercer des pressions sur le gouvernement.

Paroisses catholiques :
En 1850, une nouvelle loi adoptée par l'Assemblé législative permettait la création de paroisses catholiques romaines dans les Cantons. Ces paroisses avaient le droit de taxer les propriétaires catholiques et de construire des écoles catholiques.

Alors et aussi grâce aux nouvelles possibilités économiques dans la région, des milliers de Canadiens français furent attirés. Ce fut difficile pour les premiers arrivants. Ils étaient des étrangers dans une partie du Québec où la langue était presque exclusivement l'anglais. De plus, l'anglais était la langue des affaires et des opportunités. Cependant, avec le temps, de plus en plus de Canadiens français arrivaient, assez nombreux pour construire des églises et des écoles.

L'une des particularités de la toponymie (étude des noms de lieux) des Cantons-de-l'Est résulte de la greffe du système de paroisses catholiques françaises à un canton anglais déjà en place ou à un village existant. Ainsi, on trouve souvent des noms tels que Sainte-Edwidge-de-Clifton qui incorpore le nom de la paroisse catholique (nommée d'après un saint) et le nom du canton original. Il existe d'innombrables autres exemples : Sainte-Catherine-de-Hatley, Saint-Cyrille-de-Wendover, Notre-Dame-de-Lourdes-de-Ham, Saint-Mathieu-de-Dixville, etc.

Démographie en évolution :
Vers la fin du 19e siècle, les Canadiens français représentaient la majorité dans la plupart des régions des Cantons-de-l'Est. Cependant, plus d'un siècle plus tard, la région comporte encore une population significative d'expression anglaise. On y trouve aussi plusieurs communautés bilingues et biculturelles. La région est souvent citée en tant que modèle de coexistence harmonieuse entre les deux cultures.